Prévenir naturellement la migraine avec la naturopathie
- 11 juin 2023
- 9 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Ce n'est pas seulement la douleur qui épuise mais de ne pas comprendre pourquoi ça revient et de ne trouver personne pour chercher avec vous.
Maux de tête intenses, sensibilité au bruit, à la lumière, nausées et parfois vomissements : la migraine est une maladie qui dégrade fortement la qualité de vie. Cependant, elle est encore trop souvent traitée comme un simple mal de tête et uniquement de manière symptomatique, .
Le classique "Prenez un triptan, reposez-vous."
Pourtant, la migraine n'est pas une fatalité. C'est une maladie qui a des causes. Et les causes, ça se comprend et ça se prévient.
La naturopathie propose des solutions naturelles pour soulager, mais elle va surtout au delà, en tentant de comprendre ce qui se cache réellement derrière les crises pour ne plus avoir à les gérer.
Dans cet article, nous allons :
décrypter les mécanismes biologiques de la migraine et les déclencheurs fréquents
comprendre les limites des médicaments dans la gestion des migraines
révéler pourquoi éliminer vos déclencheurs ne suffit pas
évoquer les solutions naturelles contre la migraine étayées par la recherche scientifique
mieux comprendre l'intérêt de la naturopathie et d'une approche globale pour prévenir et soulager les migraines efficacement

La migraine, bien plus qu'un mal de tête.
Une maladie neurologique à part entière
1 français sur 8 souffre de migraine en France
La migraine ce n'est pas juste un mal de tête mais une véritable maladie neurologique qui possède ses propres mécanismes et symptômes. Elle est classée par l'OMS parmi les causes principales de handicap mondial. Ce n'est pas rien.
Les symptômes de la migraine
La migraine se caractérise par des douleurs au niveau du visage et du cou d’intensité modérée à sévère. La douleur de migraine est souvent unilatérale (un seul côté de la tête), pulsatile et son intensité peut être augmentée par le mouvement ou l'activité physique.

Elle s'accompagne généralement de nombreux autres symptômes : sensibilité accrue aux sons, lumières et odeurs, nausées voire vomissements.
Mise en garde
En cas de douleurs importantes à la tête, surtout d'apparition soudaine, il est recommandé de consulter son médecin afin d'éliminer toute autres causes à l’origine des symptômes et de pouvoir poser un diagnostic médical.
Les phases de la crise migraineuse

Comme toute maladie paroxystique, les migraines évoluent par crises qui peuvent durer de quelques heures à plusieurs jours et sont entrecoupées de périodes de rémission (sans symptômes).
Les crises se divisent généralement en plusieurs phases.
Le prodrome s’accompagne de signes évocateurs d’un début de crise : fatigue, douleurs cervicales, troubles digestifs… Un personne migraineuse depuis plusieurs années reconnaît généralement ces premiers signes qui sont parfois accompagnés d’une grande appréhension.
L’aura peut alors apparaître mais elle n’est pas présente chez tous les migraineux. L’aura est associée à une vague électrique qui parcourt le cerveau, appelée dépression corticale envahissante (DCE). Selon la région du cerveau touchée, l’aura prendra différentes formes. Elle s’apparente la plupart du temps à l’apparition de formes et lumières au niveau du champ visuel appelé scotome scintillant, ou une perte de vision. Elle peut aussi s’exprimer au niveau sensitif (fourmillements), verbal ou moteur.
Vient ensuite le moment où la douleur atteint son niveau le plus élevé. A ce moment, il ne faut pas tarder à agir pour essayer d’enrayer la crise. Les triptans, une gamme de médicaments qui agit notamment sur les récepteurs de la sérotonine et la vasoconstriction, peuvent aider. Mais ils ne sont pas toujours efficaces.
La crise douloureuse est suivie ensuite d’une phase sans douleur qui peut se caractériser par un sentiment d’euphorie : le postdrome (1). Certains migraineux peuvent cependant ressentir un soulagement incomplet avec une diminution de la douleur significative mais latente.
Il faut savoir que la répétition des crises est un facteur de chronicisation : plus les crises sont fréquentes, plus les fibres nerveuses s'altèrent et deviennent sensibles à la douleur.
Ce que personne ne vous a expliqué : le déclencheur n'est pas la cause
Vous avez identifié vos déclencheurs et pourtant les migraines reviennent ? Voici pourquoi.
Les déclencheurs des migraines
Les déclencheurs les plus rapportés sont :
les variations hormonales : cycle menstruel, stress et émotions fortes
le café : manque ou excès
l'alcool, le tabac
la météo et les changements de température brutaux
l'altération des rythmes : sommeil, heures des repas
certains aliments spécifiques : intolérances alimentaires, libération d'histamine
Tout déséquilibre, qu’il soit physiologique, sensoriel ou émotionnel est facteur de déclenchement des migraines chez les personnes prédisposées.
Le déclencheur provoque comme une ultime suradaptation que le corps n'est plus capable d'encaisser. La notion de seuil est ici importante, le déclencheur identifié par le migraineux est seulement la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Si le terrain est déjà engorgé, la moindre goutte d'eau peut faire vaciller. Eliminer un déclencheur n'est donc pas suffisant, car un autre prendra inévitablement le relais,
De même, dresser une liste exhaustive est difficile car chaque personne développe ses propres sensibilités. L'essentiel à retenir : le déclencheur n'est pas responsable à lui seul de la migraine. Il ne fait que révéler un terrain déjà fragilisé.
Les mécanismes biologiques à l'origine de la douleur
Les causes de la migraine ne sont pas complètement connues à ce jour mais certains mécanismes et facteurs ont été révélés.
L'inflammation cérébrale
Pendant la crise migraineuse, on observe une inflammation au niveau du cerveau appelée inflammation neurogène. Elle serait déclenchée par un déséquilibre métabolique ou des stimuli externes qui activerait le système trigémino-vasculaire. Cette activation cérébrale implique la libération de CGRP (Calcitonin Gene Related Peptide) responsable de l’inflammation et de la douleur.

L'hyperexcitabilité nerveuse
L'hyperexcitabilité cérébrale désigne une sensibilité neuronale accrue chez les personnes migraineuses. Contrairement aux individus non migraineux, leur seuil d'excitabilité neuronal est abaissé, ce qui rend leur système nerveux particulièrement réactif aux variations physiologiques de l'organisme.
Selon le Dr Chaudot, la migraine résulterait d'une mauvaise évacuation du dioxyde de carbone, notamment lorsque l'expiration est entravée. Le stress constitue l'un des principaux facteurs perturbateurs de ce processus. De fait, l'anticipation anxieuse d'une crise migraineuse peut en soi déclencher l'épisode redouté via l'altération de la respiration.
D'autres facteurs contribuent à cette sensibilité nerveuse :
les fluctuations hormonales liées au cycle menstruel
des déséquilibres en neurotransmetteurs (dopamine, sérotonine...)
les variations de la glycémie impliquant des modifications hormonales en cascade
des modifications vasculaires (vasodilatation)
Ces mécanismes expliquent pourquoi les maladies inflammatoires, les troubles cardio-vasculaires ou respiratoires, ainsi que le stress chronique favorisent l'apparition des migraines.
La cause : ce qui entretient vraiment le terrain migraineux
C'est souvent la partie la plus méconnue mais la plus importante. Car si les déclencheurs varient d'une personne à l'autre, certains déséquilibres biologiques de fond reviennent régulièrement chez les personnes souffrant de migraines chroniques.
L'inflammation silencieuse mais chronique
Au-delà de l'inflammation neurogène pendant la crise, de nombreuses personnes souffrant de migraines présentent un état inflammatoire de fond persistant. Cette inflammation évolue à bas bruit, souvent liée à un déséquilibre alimentaire, un stress chronique ou un déséquilibre du microbiote intestinal.
Or, cette inflammation de fond abaisse encore davantage le seuil de déclenchement des crises. Elle entretient le terrain inflammatoire.
Les carences nutritionnelles : des coupables discrets
Certains nutriments jouent un rôle direct dans les mécanismes de la migraine. Leur déficit, très courant dans notre alimentation moderne, peut entretenir l'hyperexcitabilité nerveuse et favoriser les crises.
Magnésium, coenzyme Q10, fer, zinc... il existe de nombreux marqueurs micronutritionnels à surveiller quand on est migraineux.
Voir l'article 👉🏽 Le zinc peut-il aider à prévenir les migraines ?
L'intestin : un acteur central des migraines
Si vous souffrez à la fois de migraines et de troubles digestifs (ballonnements, constipation, diarrhée, côlon irritable), ce n'est peut-être pas un hasard.
L'axe intestin-cerveau établit une communication bidirectionnelle entre le système digestif et le cerveau. Le microbiote intestinal influence directement la production de neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine), la régulation de l'inflammation et la réponse au stress, trois dimensions fortement impliquées dans les migraines.
Un déséquilibre du microbiote, appelé dysbiose, peut ainsi entretenir l'inflammation de fond et abaisser le seuil de déclenchement des crises. Agir uniquement sur les déclencheurs dans ce cas, c'est comme prendre un antalgique pour une rage de dents sans soigner la carie : le soulagement est temporaire.
Voir l'article 👉🏽 Ballonnements et ventre gonflé : sortir de la logique "pansement”
Les hormones : un facteur déterminant, surtout chez les femmes
Les migraines touchent trois fois plus les femmes que les hommes. Les fluctuations des œstrogènes et de la progestérone influencent directement la sensibilité des récepteurs à la sérotonine et la régulation vasculaire, deux mécanismes centraux dans la migraine.
Migraines cataméniales (liées aux règles), migraines aggravées à la périménopause, amélioration pendant la grossesse... Ces patterns hormonaux sont des signaux précieux pour comprendre les causes profondes.
Voir l'article 👉🏽 Pourquoi les migraines surviennent pendant les règles ?
Migraine et naturopathie : une démarche qui a du sens
Les médicaments : entre soulagement immédiat et cercle vicieux
Les traitements médicaux anti-migraineux permettent d'enrayer la crise ou de prévenir son déclenchement. Il en existe deux types : les traitements de crise (anti-inflammatoires, triptans…) et les traitements de fond (bêtabloquants, antidépresseurs, antiépileptiques).
Ces traitements peuvent se révéler très efficaces pour soulager les patients mais leur prise régulière n’est pas sans conséquences.
La prise de triptans doit être limitée à 10 jours par mois, celle d'anti-inflammatoires à 15 jours. Or, près d'un tiers des migraineux souffrent de migraines chroniques supérieures à 15 jours par mois. Le migraineux peut alors se retrouver dans un cercle vicieux : la prise répétée de médicaments entraîne des céphalées de rebond, qui appellent davantage de médicaments.
De plus, la plupart de ces traitements comme les antalgiques ont un effet délétère sur le microbiote. Or, l'équilibre de notre population bactérienne intestinale est essentiel sur un terrain migraineux.
Dans ce contexte, trouver des solutions complémentaires pour prévenir les crises et réduire le recours aux médicaments devient essentiel. Voici quelques axes qu'un naturopathe pourrait travailler avec vous.

Dans mon guide 20 Solutions Naturelles contre la Migraine, je vous transmets des solutions concrètes, étayées par la recherche scientifique, pour agir naturellement sur vos migraines..
Alimentation et micronutrition : agir sur l'inflammation et les carences
L'alimentation est un levier puissant, à plusieurs niveaux :
maintenir l'équilibre interne (homéostasie) en comblant les besoins nutritionnels
apporter des aliments protecteurs et anti-inflammatoires
limiter les substances pro-inflammatoires ou histaminiques
En complément, la micronutrition permet de corriger rapidement les déficits idéalement objectivés par des analyses : magnésium, coenzyme Q10, vitamine B2... mais aussi vitamines du groupe B, zinc, oméga-3 selon le bilan individuel.
Attention : même s'il s'agit de produits qui respectent la physiologie naturelle, de mauvaises associations ou de mauvais dosages peuvent être contre-productifs. Une supplémentation adaptée passe par une évaluation individualisée.
Apaiser le système nerveux naturellement
La migraine se caractérisant par une hyperexcitabilité nerveuse, il est possible là encore de désamorcer le processus par différentes voies. Le naturopathe aide à rééquilibrer certains aspects de l'hygiène de vie en faveur d’une meilleure prévention du stress.
La phytothérapie (utilisation des plantes et de leur principes actifs) permet d'agir sur les facteurs inflammatoires et nerveux. Certaines plantes possèdent des propriétés démontrées dans la prévention des migraines.
L’aromathérapie (thérapie par les huiles essentielles), actuellement étayée par de nombreuses études scientifiques, est notamment très efficace dans la régulation du système nerveux autonome.
L'hygiène de vie : les bases contre la migraine
L'hygiène de vie est un levier d'action qui permet d'agir de façon holistique et symbiotique sur les facteurs impliqués dans la migraine :
adopter une alimentation protectrice
réguler ses rythmes chronobiologiques en optimisant son sommeil
utiliser des techniques de gestion du stress
Le naturopathe accompagne la personne pour l'aider à trouver les habitudes les plus efficaces dans la prévention de ses migraines.
Il est important d'insister sur le fait que chaque personne possède ses propres causes et ce qui déclenche des crises chez l’un n’aura peut-être pas d’effet chez l’autre. Le naturopathe aide à faire les liens entre les symptômes de migraines mais également avec d'autres symptômes qui pourraient aider à identifier des déséquilibres plus profonds sur lesquels agir.
Aller plus loin : comprendre ses migraines et les soulager durablement avec la naturopathie
Des mesures préventives comme supprimer le gluten, arrêter le lactose, adopter une alimentation anti-inflammatoire, gérer le stress ou utiliser des soutiens naturels... peuvent limiter le déclenchement des migraines mais il est possible que cela ne suffise pas à les soulager durablement.
Pour en finir avec les migraines, il est avant tout essentiel de comprendre pourquoi les déséquilibres s'installent. Certains professionnels formés peuvent vous aider à mener l'enquête sur l'origine de vos migraines.
Un approfondissement individuel peut apporter une réelle différence en agissant, non seulement sur les symptômes de la migraine et ses mécanismes mais également sur les causes plus profondes : dérèglement hormonal, infection chronique, dysbiose....
Voir 👉🏽 Qui consulter pour des migraines : connaissez-vous l'approche fonctionnelle qui cible les causes ?.
Des migraines associées à des troubles digestifs par exemple doivent poser la question d'un déséquilibre du microbiote intestinal, appelé dysbiose. Or, la dysbiose intestinale entretient le processus inflammatoire. Dans cette situation, les mesures préventives classiques montrent leurs limites.
Agir uniquement en surface, c'est comme prendre un antalgique pour une rage de dents sans soigner la carie : le soulagement n'est que temporaire, la douleur revient inévitablement. Il faut alors traiter en profondeur ce qui dysfonctionne ou s'est déséquilibré.
La remède miracle contre la migraine n'existe pas
Le naturopathe ne se contente pas seulement de soulager la migraine mais procède à une véritable enquête de terrain pour comprendre les causes sous-jacentes. Le bilan de naturopathie permet d’aborder chaque situation de manière globale (en prenant en compte les dimensions physiques, psychologiques et le mode de vie).
Grâce à un travail d'analyse approfondi, il devient alors possible de rééquilibrer le terrain et d’enrayer les facteurs prédisposant à la migraine avec des actions adaptées à votre fonctionnement et des solutions naturelles ciblées.

Mélodie Tuquet
Naturopathe fonctionnelle
🧠 Spécialisée dans l'accompagnement des migraines.
📍Consultation en visio et à Bordeaux
Références bibliographiques
Leroux, E. (2016). La méthode anti migraine.
Podcast : Comment lutter efficacement contre les migraines ?, 2022, France Inter (https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-du-lundi-31-janvier-2022-4647909)
Chaudot, J. (2021). Bye bye migraine ! : Une seule solution pour guérir : comprendre.
Harer, C., & von Kummer, R. (1991). Cerebrovascular CO2 reactivity in migraine: assessment by transcranial Doppler ultrasound. Journal of neurology, 238(1), 23–26. https://doi.org/10.1007/BF00319705
Ninot, G. (2022). 100 médecines douces validées par la science.
La voix des migraineux, Sondage impact de la migraine sévère et chronique, Mars 2020 (https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-12/sondage_2020_la_voix_des_migraineux_-_resultats_et_analyse.pdf)




Je souffre de migraines quasi quotidiennes depuis plusieurs années. Merci pour cet article riche en contenu de qualité ! Je vais tester quelques recommandations issues de votre guide que je ne connaissais pas. Merci encore 👍